Notes finales

By | July 22, 2013 at 3:22 pm | No comments | Aix-en-Provence Festival 2013, LSO On Tour | Tags: ,

Le rideau tombe sur les dernières représentations de Rigoletto et Don Giovanni. Le concert symphonique que nous avons donné avec Gianandrea Noseda était merveilleux et a été fort bien reçu!

Quatre années de résidence estivale dans cette ville magnifique et gorgée de soleil prennent fin… Tant de souvenirs, tels nos premiers concerts avec notre chef principal Valéry Gergiev, puis la deuxième année avec La Traviata, La Clemenza di Tito; sans oublier notre programme éducatif si diversifié, si complet,avec au sommet les concerts de l’Orchestre des Jeunes de la Méditerranée, pépinière de futurs professionnels. Le talent consummé d’artistes tels Natalie Dessay, Ludovic Tézier, George Gagnidze, Arturo Chacon-Cruz, Irina Lungu, Gabor Bretz, Rod Gilfry, Kyle Ketelsen, Maria Bengtsson, et j’en passe… Notre collaboration heureuse non seulement avec l’Estonian Philarmonic Chamber Choir, avec nos grands chefs d’orchestre mais aussi leurs jeunes assistants prometteurs tels Francesco Pasqualetti qui a dirigé sans jamais faillir la banda, le petit orchestre derrière la scène dans Rigoletto; ou encore la découverte dans Don Giovanni du pianofortiste Francesco Corti, un talent visionnaire hors du commun. Nos danseuses,nos acrobates dans Rigoletto, inoubliables par leur professionnalisme, leur inspiration, leur gentillesse et leur constante bonne humeur…

J’entends parler autour de moi sans cesse, et non seulement à Aix, de la sévérité de la crise économique, de la difficulté que rencontrent nos organisateurs à trouver de généreux sponsors pour que tous ces évènements musicaux puissent continuer à être programmés.

Il faut penser à l’avenir, à ce que nos enfants connaîtront lorsque ce sera leur tour d’aller au spectacle. L’art ne peut devenir sectaire, l’apanage d’un nombre restreint, une “citadelle arrogante” pour reprendre l’expression de Bernard Foccroulle, directeur du festival. Toute forme d’art réflète le meilleur de notre âme humaine, elle enrichit, grandit celui ou celle qui lui ouvre son esprit et son cœur. Ma mère m’a toujours dit que l’art est la véritable richesse de l’homme. Dans quelle société grandiraient nos enfants si cette dernière n’était axée que sur l’appât du gain,dur et froid? L’art ouvre les portes, brise les barrières sociales, réunit des hommes et des femmes venus de monde parfois diamétralement opposés. Doit-on lui rendre la vie encore plus dure, en l’écrasant par des contraintes financières toujours plus fortes? Les artistes, ceux-là même qui vous font rêver, vous transportent, vous inspirent, qui travaillent si dur à maitriser leur spécialité, doivent-ils devenir les victimes de l’absence de facilités au point de vue fiscal?

Je suis une éternelle optimiste, et veux croire que les fonds nécessaires pour la continuation d’une vie culturelle sont toujours là, mais qu’ils sont passés dans les mains de puissances qui ont oublié les vraies valeurs d’une vie pleinement vécue.

Au nom de tous mes collègues du London Symphony Orchestra, je voudrais remercier chaleureusement notre cher public aixois, d’avoir prouvé une fois de plus votre soutien au monde merveilleux de la musique. Votre constance, votre loyauté est un exemple pour tous. Et,qui sait, à bientôt peut-être?

[Photo: Don Giovanni © Festival d’Aix-en-Provence http://www.flickr.com/photos/festival-aix/sets/72157634489364285/)

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